La Confédération africaine de football (CAF) a finalement décidé de revenir sur sa réforme du calendrier de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). L’instance dirigeante du football africain a annoncé le rétablissement de l’organisation de la compétition tous les deux ans, abandonnant ainsi le projet d’un passage à un cycle de quatre ans, annoncé en décembre dernier.

La décision a été prise à l’unanimité par le Comité exécutif de la CAF, selon un communiqué publié sur le site officiel de l’instance. Ce réajustement fait suite à une réévaluation annoncée par le président de la CAF, Patrice Motsepe, lors de la Conférence stratégique organisée au Cap-Vert du 7 au 9 octobre 2026.
Initialement, la CAF envisageait de faire passer la CAN à une périodicité de quatre ans, tout en mettant en place une nouvelle compétition dénommée « Ligue des Nations africaines », appelée à se disputer tous les deux ans. Toutefois, l’instance a reconnu que cette nouvelle compétition nécessiterait plusieurs années avant de générer les ressources financières suffisantes pour soutenir le développement du football africain et garantir la compétitivité de ses compétitions à l’échelle internationale.

Dans son communiqué, la CAF explique que le retour au format biennal vise à préserver et à promouvoir les intérêts du football africain, des 54 associations membres ainsi que ceux des joueurs africains évoluant dans les championnats étrangers.
Nous étions préoccupés par le nombre d’années nécessaires avant que la nouvelle compétition panafricaine proposée, la Ligue des Nations, puisse apporter les contributions financières substantielles et les retombées nécessaires au développement du football africain , a notamment expliqué Patrice Motsepe.
Sur le plan du calendrier, la prochaine édition de la CAN se tiendra comme prévu en 2027 au Kenya, en Tanzanie et en Ouganda. Elle sera suivie d’une autre édition en 2028, puis en 2031 et en 2033. L’intervalle exceptionnel de trois ans entre les éditions de 2028 et de 2031 s’explique par la volonté de la CAF d’éviter un chevauchement avec la Coupe du monde 2030.

Par ailleurs, l’édition 2025 de la CAN reste au centre d’un contentieux sportif entre le Sénégal et le Maroc. Alors que le Sénégal avait remporté la finale sur le terrain (1-0), le 18 janvier dernier à Rabat, dans une rencontre marquée par de vives contestations arbitrales et un incident ayant entraîné l’interruption du match, le jury d’appel de la CAF a ensuite attribué la victoire sur tapis vert au Maroc. La Fédération sénégalaise de football a saisi le Tribunal arbitral du sport (TAS), dont la décision est attendue à la fin du mois de novembre.
À travers ce réajustement, Patrice Motsepe réaffirme la place centrale de la CAN dans le paysage sportif continental. Pour le président de la CAF, cette compétition dépasse le simple cadre du football : elle constitue également un symbole de l’unité africaine, de la diversité culturelle du continent et du rapprochement entre les peuples africains et leur diaspora.
Élie M’fowu
