Le président de la Fédération congolaise de football association (FECOFA), Véron Mosengo-Omba, a pris lundi ouvertement la défense du Président de la Fédération Internationale de Football Association (FIFA)Gianni Infantino dans la polémique autour de la « FIFA Forward Enterprise » (FFE), vivement contestée notamment par l’UEFA.
Présenté fin juillet, le projet FFE prévoyait la création d’une société commerciale valorisée à 20 milliards de dollars pour gérer plusieurs droits liés aux grandes compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde et la Coupe du monde des clubs. Face aux critiques, Mosengo-Omba estime que le président de la FIFA est injustement pris pour cible.
Pour le dirigeant congolais, le débat mélange la personne d’Infantino et son projet.
Je trouve qu’il y a une malhonnêteté dans cette affaire. Soit on parle de Gianni, soit on parle de son projet. La Ligue de football professionnel française est une association sans but lucratif, mais pour atteindre ses objectifs, elle a besoin de moyens. Elle a créé LFP Média, en cédant 10 % des droits à des investisseurs privés. Personne n’a dit qu’ils avaient vendu l’âme du football , a-t-il déclaré sur le plateau de France 24.
Mosengo-Omba cite également La Liga pour défendre le recours à des investisseurs privés et conteste toute violation des règles par Infantino.
La Liga a fait pareil en cédant 17 % de ses droits à un fonds d’investissement privé, si je ne me trompe pas. Gianni a fait la même chose. D’ailleurs, dans sa lettre transmise à toutes les fédérations, il a demandé que deux conditions soient respectées : l’approbation des fédérations et celle du Conseil de la FIFA. Quel dispositif statutaire Infantino a-t-il violé ? Après le refus, il a retiré sa proposition. Peut-on crucifier quelqu’un pour ça ? , s’est-il interrogé.

« La FIFA n’appartient pas à l’UEFA »
Dans son plaidoyer, le président de la FECOFA s’en prend également à l’UEFA et à son président Aleksander Čeferin.
Ils n’ont pas les capacités de rester en justice. Čeferin avait dénigré nos équipes en disant que les matchs n’étaient pas intéressants. La FIFA n’appartient pas à l’UEFA, mais aux 211 associations membres, et surtout pas au bureau de l’UEFA », a-t-il lancé.
Mosengo-Omba rappelle par ailleurs que l’UEFA avait elle-même eu recours à un partenaire privé pour la commercialisation de ses droits dans les années 1990, estimant que le recours aux investisseurs ne peut donc pas être présenté comme une rupture avec les intérêts du football.
Un soutien qui ne serait pas « fanatique »
Quelques jours avant cette prise de parole, Mosengo-Omba avait rencontré Gianni Infantino à Zurich. Il dit avoir trouvé le président de la FIFA « combatif » et lui avoir renouvelé son soutien.
En tant que président de la FECOFA, je lui ai réitéré notre soutien, pas parce que c’est un ami d’université, mais parce que nous profitons des fruits de son travail. Aujourd’hui, il donne 60 millions à chacune des confédérations, de manière équitable , a-t-il expliqué.
Le dirigeant congolais met surtout en avant les retombées concrètes des financements de la FIFA pour les fédérations nationales.
Nous ne sommes pas des fanatiques de Gianni. Nous jugeons son bilan sur dix ans. Aujourd’hui, moi, président d’une fédération, je peux payer les entraîneurs, les arbitres et le personnel grâce aux fonds de la FIFA. La FIFA organise régulièrement des formations et des séminaires pour les médecins, les kinés… , a-t-il souligné.

FECOFA 2030 : Mosengo-Omba veut aller plus loin
La rencontre de Zurich a également permis d’évoquer « FECOFA 2030 ». Mosengo-Omba envisage de réfléchir à un mécanisme de mutualisation des droits entre les six confédérations, inspiré de la logique défendue par Infantino.
Je devrais discuter avec mon comité exécutif et nous, à la FECOFA, viendrons avec un projet du même style. Par exemple, proposer aux six confédérations de céder chacune 5 % de leurs parts entre elles. La CAF pourrait discuter avec les banques africaines pour acheter ces droits , a-t-il annoncé.
Pour lui, l’enjeu est avant tout de donner aux fédérations africaines les moyens de financer leur développement.
J’aurais eu 20 millions de dollars au mois de janvier, j’aurais pu construire des centres techniques dans chaque province, peut-être dans 15 des 26 provinces de la RDC. On a besoin de cet argent. Quand on a des coaches à temps plein, il faut les payer. Où trouverons-nous cet argent ? a-t-il plaidé.

Infantino et Trump : « Il doit travailler avec lui »
Enfin, Mosengo-Omba a défendu la proximité entre Gianni Infantino et le président américain Donald Trump à l’approche de la Coupe du monde 2026.
Quand les Jeux olympiques (J.O) étaient organisés à Paris, il y avait une proximité entre les J.O et les autorités françaises. Gianni organise le joyau de la FIFA, la Coupe du monde. Vous voudriez qu’il se mette Trump à dos ? Non, il doit travailler avec lui pour que tout se passe bien. S’il y avait des problèmes, tout le monde allait lui pointer du doigt , a-t-il expliqué.
À la tête de la FIFA depuis 2016, Gianni Infantino a officiellement déposé sa candidature pour un nouveau mandat de quatre ans. Dans un contexte marqué par les critiques autour de sa gouvernance et de ses initiatives, Mosengo-Omba assume donc pleinement son soutien au président de l’instance mondiale.
Élie M’fowu
