Alors que la course à la présidence de la FECOFA s’accélère, l’entrée en scène de Véron Mosengo-Omba déplace le curseur du débat. Au-delà des clivages habituels, sa candidature interroge la viabilité même de notre modèle sportif. Peut-on encore se contenter de gérer l’urgence des résultats de l’équipe nationale alors que les fondations économiques du football local s’effritent ?
Du mécénant à l’industrie : le choc des modèles
Le point de rupture proposé par Mosengo-Omba est clair : le football ne doit plus être une charge pour l’État ou une passion ruineuse pour quelques mécènes, mais un écosystème producteur de richesses.
- Professionnalisation des ligues : Son projet de restructuration vise à transformer nos championnats en produits attractifs. Pour attirer les diffuseurs et les sponsors, la régularité du calendrier n’est plus une option, c’est une exigence commerciale.
- La digitalisation comme levier de confiance : En prônant une administration moderne et transparente, il s’attaque au premier frein à l’investissement en RDC : le manque de lisibilité financière. Pour Mosengo-Omba, une fédération crédible est le préalable indispensable pour que les banques et les grandes entreprises reviennent au stade.
La formation : Un investissement, pas une dépense
L’analyse de son programme met en lumière une stratégie de “circuit court” pour le talent congolais. En investissant massivement dans les académies et la détection provinciale, l’objectif est double :
- Valoriser le capital humain : Transformer le talent brut en athlètes de haut niveau dont la valeur marchande profitera directement aux clubs formateurs.
- L’inclusion par le football féminin : En intégrant pleinement les femmes et les provinces oubliées, il ne fait pas que de la justice sociale ; il élargit la base de consommateurs et de pratiquants, renforçant ainsi le poids économique de la Fédération.
L’expertise CAF/FIFA : Un bouclier contre l’isolement
L’atout majeur reste son carnet d’adresses et sa maîtrise des arcanes internationales. Dans un football mondialisé, la conformité aux standards de la FIFA est devenue une monnaie d’échange. Mosengo-Omba promet d’aligner la FECOFA sur ces exigences, garantissant ainsi que la RDC ne soit plus un spectateur, mais un acteur majeur des instances de décision.
Je suis convaincu que le véritable défi de Véron Mosengo-Omba ne sera pas seulement de convaincre les grands électeurs, mais de réussir la transition d’une culture du “bénévolat passionné” vers celle de la “gestion de performance”. Si le football congolais veut rattraper son retard sur les nations émergentes du continent, il devra inévitablement passer par cette mue structurelle.
Samy Ntumba Shambuyi / Photojournaliste
