La 61ᵉ édition de la Ligue provinciale de basket-ball de Kinshasa (LIPROBAKIN) a livré son verdict, avec les sacres de la CNSS chez les dames et de la SCTP, ex-ONATRA, chez les messieurs. Au terme d’une saison riche en émotions, marquée à la fois par du spectacle, des performances remarquables, mais aussi par des difficultés organisationnelles et disciplinaires, Freddy Mali, vice-président de la LIPROBAKIN, dresse un bilan lucide et contrasté. Entre soulagement d’avoir conduit la compétition à son terme, satisfaction quant au niveau du jeu et ambition pour la prochaine Coupe du Congo, prévue à Kinshasa du 17 au 30 septembre 2026, le dirigeant appelle à un basket kinois plus discipliné et toujours plus compétitif.

Un « ouf de soulagement » après une saison mouvementée
Pour Freddy Mali, la première satisfaction réside dans le fait d’avoir mené cette 61ᵉ édition jusqu’à son terme, malgré les nombreuses difficultés rencontrées au cours de la saison.
C’est un ouf de soulagement. Après la façon dont les choses se sont passées au cours de la saison, ça a failli s’arrêter. Pour le président Arthur, pour tous les membres du comité et les staffs des commissions, c’est vraiment un ouf de soulagement d’être arrivés au terme de la saison et d’avoir atterri correctement, sans problème , confie-t-il.
Au-delà de l’issue favorable de la compétition, le responsable de la Ligue retient particulièrement la qualité de la finale, qui, selon lui, a permis au basket de reprendre toute sa place au cœur du spectacle, loin des incidents extra-sportifs.
Nous avons eu un vrai match, qui n’a pas été dominé par des événements extra-sportifs ou par l’anti-jeu. C’était vraiment du beau basket à voir , souligne Freddy Mali.

Pour la LIPROBAKIN, cette image doit servir de référence pour les prochaines éditions, notamment dans une compétition qui joue également un rôle important dans l’encadrement et la formation de la jeunesse.
Les comportements antisportifs, un défi à relever
Si la saison a offert de belles satisfactions, elle n’a pas été exempte de difficultés. Parmi les principaux points de préoccupation relevés par Freddy Mali figurent les comportements antisportifs observés au cours de certaines rencontres.

Pour le vice-président de la LIPROBAKIN, les salles de basket doivent demeurer des espaces de discipline, d’éducation et de transmission des valeurs. Les insultes, la brutalité et les différentes formes d’anti-jeu ne peuvent, à ses yeux, devenir la norme dans le championnat.
Les anti-valeurs ne peuvent pas devenir la norme. Ici, c’est un espace de discipline. On vient éduquer les gens, leur montrer les bonnes choses, et non les mauvaises , insiste-t-il.
Un message qui s’adresse à l’ensemble des acteurs du championnat, des joueurs aux supporters, en passant par les dirigeants et les encadreurs. L’objectif est clair : faire du fair-play et du respect des adversaires des piliers incontournables du basket kinois.
Du spectacle et des surprises sur les parquets
Malgré ces difficultés, Freddy Mali estime que la 61ᵉ édition a également été riche en enseignements et en moments forts. Plusieurs rencontres ont offert du suspense, des retournements de situation et des performances individuelles de haut niveau.
L’élimination d’Espoir Fukash par Don Bosco dans la dernière ligne droite du championnat illustre, selon lui, cette capacité de la LIPROBAKIN à réserver son lot de surprises.
Nous avons eu de très beaux matchs et des surprises. Il y a eu de vrais bons matchs, des retournements de situations incroyables et beaucoup de spectacles », se réjouit-il.
Dunks spectaculaires, tirs à trois points et prestations individuelles remarquables ont également contribué à valoriser le championnat provincial. Une richesse qui, pour Bobo Bope Bembele, constitue l’une des principales forces du basket kinois.
Pour moi, c’est la meilleure ligue du pays, notamment sur l’aspect du talent. À Kinshasa, nous pouvons être fiers de venir voir des matchs de ce niveau », estime-t-il.
Coupe du Congo 2026 : Kinshasa veut conserver les trophées
À peine la saison provinciale achevée, les regards se tournent désormais vers la prochaine grande échéance : la Coupe du Congo 2026, prévue à Kinshasa du 17 au 30 septembre.
Les représentants de la capitale auront la responsabilité de défendre leurs couleurs et de tenter de conserver les trophées sur leurs terres. Une ambition légitime, mais que Freddy Mali refuse de considérer comme acquise.
Déjà, nous sommes détenteurs du titre. Mais un titre se gagne sur le terrain. Il ne faut donc pas penser au passé : il faudra aller le chercher sur le terrain », rappelle-t-il.

Le vice-président de la LIPROBAKIN affiche toutefois sa confiance envers les clubs kinois appelés à représenter la capitale. Chez les messieurs comme chez les dames, il estime que plusieurs équipes disposent des arguments nécessaires pour aller chercher les titres.
Il cite notamment Chaux Sport, l’ONATRA, la CNSS et Hatari parmi les formations capables de porter haut les couleurs de Kinshasa.
Je suis donc convaincu qu’il y a moyen que le trophée, cette fois-ci, reste à Kinshasa », affirme-t-il avec ambition.
Capitaliser sur les enseignements de la 61ᵉ édition
Au terme d’une saison qui aura alterné difficultés, spectacle, surprises et enseignements, la LIPROBAKIN entend désormais se projeter avec l’objectif de consolider ses acquis et de corriger les insuffisances constatées.
Si la qualité du basket et l’émergence de nouveaux talents constituent des motifs de satisfaction, la question de la discipline demeure un chantier prioritaire. La Coupe du Congo 2026 offrira justement une nouvelle occasion aux clubs de Kinshasa de confirmer leur niveau et de défendre les couleurs de la capitale.
Entre ambition sportive et volonté de promouvoir un basket plus discipliné, le message de Freddy Mali est donc clair : les trophées se gagnent sur le terrain, mais la progression du basket kinois passe aussi par le respect, le fair-play et la valorisation du talent.
Richard Amadi
