La famille de feu Pierre Kelekele, ancien champion du monde et grande figure du sport en République démocratique du Congo, sollicite des autorités provinciales et nationales la construction d’un monument commémoratif à Kisangani, chef-lieu de la province de la Tshopo, ville où il est né et décédé.
Dans une déclaration rendue publique vendredi, Léon Kelekele, fils du défunt, a souligné l’importance de préserver la mémoire d’un athlète qui a contribué au rayonnement international de l’ex-Zaïre et marqué durablement l’histoire du sport congolais.
« Notre père a fièrement représenté la nation. Nous souhaitons aujourd’hui que son nom et son parcours restent vivants dans la mémoire collective », a-t-il déclaré.
Pour la famille, cette démarche ne se limite pas à un simple hommage. Elle vise également à faire de l’ancien champion une source d’inspiration pour la jeunesse congolaise, en valorisant un parcours sportif exceptionnel et exemplaire.
Selon Léon Kelekele, l’érection d’un monument représenterait un acte fort de reconnaissance nationale, porteur de valeurs telles que la discipline, la persévérance et l’excellence.
Les proches du défunt demandent également l’implication des pouvoirs publics dans la préservation de son héritage, ainsi qu’un accompagnement moral et social pour la famille.
Dans la mémoire des habitants de Kisangani, Pierre Kelekele demeure une figure emblématique d’une époque où le sport congolais brillait sur la scène internationale et suscitait une forte fierté nationale.
Né en 1942 à Kisangani, il reste l’une des plus grandes légendes du catch en RDC. Il est, à ce jour, le seul Congolais à avoir remporté un titre mondial dans cette discipline, exploit réalisé en 1974 après sa victoire face au catcheur américain El Greco à Berlin, en Allemagne de l’Est.
Sa carrière sera interrompue par une blessure, le conduisant à une reconversion comme entraîneur national adjoint chargé du catch. Il exercera par la suite différentes fonctions publiques, notamment à la Division provinciale des Sports, ainsi que comme instructeur militaire et de gendarmerie à Kisangani.
Touché par la maladie à partir de 1994, il passera les dernières années de sa vie dans des conditions difficiles avant de s’éteindre en 2021 aux Cliniques universitaires de Kisangani, laissant derrière lui un héritage sportif profondément ancré dans l’histoire du pays.
Élie M’fowu
